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jeudi 10 août 2017

La Société Générale des Etudiants de l'ULB (1870-1891)

Nous savons que la Société Générale des Étudiants entama sa cinquième année lors de la rentrée 1874 ce qui place donc sa fondation à 1870.


Extrait du Journal des Etudiants, 22 octobre 1874, 1ère année, n°1.
Document provenant du Musée International de la Presse (conservée au Mundaneum à Mons).

Un petit entrefilet en première page du journal libéral L'Indépendance Belge du 15 novembre 1871 nous informe que son nouveau local se trouvait alors au 18 de la rue des Bouchers, soit à moins de 700 mètre à vol d'oiseau de la rue des Sols, siège de l'Université. Selon l'Almanach de la ville de Bruxelles de l'époque y étaient située la friture d'un certain M. Frund ! Nous verrons plus loin qu'en 1875, le local s'était quelque peu déplacé, quoique toujours dans le même périmètre, rue St Jean. Quelque année plus tard, il avait encore déménagé, cette fois à "La croix de fer" au 14 de la Grand’Place (soit la maison de l'Ermitage qui fait partie de l'ensemble de la maison des Ducs de Brabant). (L'Indépendance Belge, 15 avril 1877, Ed.1 p.1)

L'édition du Journal des Étudiants du 5 novembre 1874 (n°3)* nous apprend l'élection en tant qu'administrateurs de MM. Lepoivre, Delecourt (que nous retrouverons plus loin) et du baron de Waudrez alors que la vice-présidence échut à un certain M. Dechamps. En 1877, le président de la Société Générale des étudiants était Léon Lepage. (L’Étudiant libéral, 8 octobre 1877, année 1, n°1*) Avocat et homme politique libéral, Lepage (1856-1909) fut notamment échevin de l'enseignement à Bruxelles (1895-1909), député à la chambre des représentants (1892-1894 et 1900-1909) et administrateur de l'ULB (1894-1909). En 1879, le président était un certain Ch. Machintosh.

Ce dernier résumait dans L’Étudiant Libéral du 13 octobre 1879 (année 3, n°1)* le but de l’association comme la nécessité pour les étudiants de tous se réunir sans distinction dans une Société Générale afin d’aborder plus efficacement les "questions d’intérêts généraux". Il regrette, en effet, la multiplication "de petits cercles, de clubs vivant presque aux dépends les uns des autres" à laquelle on assiste alors. Il faut affirmer le "caractère essentiellement libéral" de l’université et repousser "le fanatisme clérical". Notons que les autres sociétés dont nous avons trouvé une trace à la même époque sont la "Société des Étudiants Wallons", la "Société des Étudiants Flamands" et le "Cercle des Conférences".

A l'aune de ses propos, il n'est pas étonnant de constater que la Société Générale se trouva rapidement mêlée aux querelles clérico-libérales vivaces lors du XIXe siècle. Ainsi, en 1872, elle répondit aux attaques du "Cercle académique de l'institut Saint-Louis" sur la valeur intellectuelle des étudiants de l'ULB en mettant en avant ses "nombreux travaux" :
  
Extrait de L'Indépendance Belge, 13 décembre 1872 Ed.1 p.1. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.
La lecture de cet article nous présente la Société comme un "cercle littéraire et scientifique". Et effectivement, des premières années, nous savons qu'elle organisa surtout des conférences : "Herculanum et Pompéi" par le Pr Xavier Olin (Le Journal des Étudiants, 5 novembre 1874, n°3*), "La bienfaisance publique" par le Dr Charbonnier (Le Journal des Étudiants, 2 décembre 1875,n°8*), "Le téléphone" par l'élève ingénieur Raeymaecker (L’Étudiant Libéral, 7 janvier 1878, n° 13*). 

Les disputes avec les cléricaux connurent bien d'autres avatars. Ainsi en 1875, on accusa des étudiants "portant la casquette galonnée" d'avoir volé, le dimanche 23 mai, une statuette de la vierge au fronton d'une église dans ce qui était alors le village Woluwe-Saint-Lambert avant de revenir à Bruxelles, place St Jean pour y perturber violemment la procession annuelle de Notre-dame-de-la-Chapelle. L'acte est condamné unanimement par l'ensemble de la presse, cléricale comme libérale, comme une atteinte à la liberté de culte. Le journal catholique Le Bien Public accusa la Société Générale d'avoir fomenté ce coup la veille dans son local, "la taverne Germania, rue St-Jean" avec l'aide d'étudiants de Gand et Liège :
Extrait du journal Le Bien Public, 25 mai 1872, Ed.1 p.1. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

La Société Générale dépêcha deux de ses membres dans les locaux de L'Indépendance Belge afin de démentir ses allégations. Selon eux, les véritables auteurs, "des gymnastes de Bruxelles, Gand et Liège" avaient été pris pour des étudiants en raison de la ressemblance de leurs "képi".
Extrait de L'Indépendance Belge, 24 mai 1875, Ed.1 p.1. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

Il est précisé que Delecourt était aussi directeur du Journal des Étudiants. Or, un numéro spécial de celui-ci aurait été distribué avant les évènements appelant à perturber un pèlerinage qui devait se tenir à Woluwé. Delecourt confirma cela mais expliqua que le numéro avait été tiré sans son accord. (Le Journal de Bruxelles, 24 avril 1875, Ed.2 p.1 et 25 mai 1875, Ed.2 p.1)

Le 25 mai, le président Lepoivre et le secrétaire Fonsny adressèrent également une lettre niant l'implication de leur association. On en profitera pour noter l'attachement au Libre-examen que revendiquent les étudiants. Ce principe a alors été introduit à l'ULB par Verhaegen depuis 20 ans.
Extrait de L’Écho du Parlement, 25 mai 1875, Ed. 2 p.1. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

Finalement, il semble qu'aucun étudiant de l'ULB ne figurait parmi les fauteurs de trouble arrêtés ou cités dans les rapports de police. Les quatre meneurs identifiés par la police étaient "un cordonniers, un tailleur, un maréchal des logis et une trompette d'artillerie". (L’Écho du Parlement, 25 mai 1875, Ed.2 p.1) Quant à la statuette, elle fut finalement déposée anonymement à l'hôtel de ville de Bruxelles. (L’Écho du Parlement, 29 mai 1875, Ed.2 p.1) 

Bien que la Société Générale souhaitait la formation d’une fédération de tous les étudiants du pays (La Meuse, 19 février 1873, Ed.2 p.2), elle refusa en 1877 de participer à fête organisée par les étudiants liégeois pour les 50 ans du conservatoire car, selon Léon Lepage, on ne pouvait fraterniser avec les étudiants catholiques également invités. Avant cela, les liégeois avaient déjà refusé, dans un courrier adressé à la Société Générale, de venir à Bruxelles pour une fête car elle était selon eux pour les seuls étudiants libéraux. (Le Journal des Etudiants, mai 1877*) 

L'organisation de fête était évidemment une activité importante comme dans toute société étudiante qui se respecte. Ainsi, elle invita en 1874 pour un concert à la "Nouvelle Cour de Bruxelles, rue des Soeurs-Noires" suivi d'un bal à l'Alcazar qui était situé rue d'Arenberg.
Extrait de L'Indépendance Belge, 23 janvier 1874, Ed. 1 pp.1-2. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.


Extrait de L'Indépendance Belge, 26 janvier 1874, Ed. 1 pp.1-2. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

3 ans plus tard, c'est à l'Ahlambra, la plus grande salle bruxelloise de l'époque qu'elle donna un concert.

Extrait de L'Indépendance Belge, 15 avril 1877 Ed. 1 p.1. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

1878 vit l'organisation de trois bals: concert suivi d'un bal en février (L'Indépendance Belge, 1er février 1878, Ed.1 p.1), le "Grand bal de la Société Générale des étudiants" en octobre aux Salons St Michel, rue d’Or (L’Étudiant Libéral, 14 octobre 1878*) puis un bal caritatif le 31 décembre à l’Alhambra (L'Indépendance Belge, 22 décembre 1878, Ed.1 p.1). Le bal caritatif de fin d'année se répéta en 1879 et rapporta 85 185F offert au bourgmestre pour les pauvres (L'Indépendance Belge, 25 mars 1880, Ed.1 p.2). Un autre bal eut lieu au Théâtre des Variétés, rue St Jean, en octobre 1880 (L’Étudiant Libéral, 17 octobre 1880, année 4, n° 1*). 

En 1880, la Belgique célébra son cinquantenaire. A cette occasion, la Société Générale organisa en juin une "grande fête universitaire" doublée d'un "Congrès où tous les étudiants seront invités et dans lequel seront discutées des questions universitaires [...] On laissera prudemment de côté les grandes questions politiques [...]". (La Meuse, 15 mai 1880, Ed. 1 p.2) 

Le programme détaillé publié par La Meuse amène quelques commentaires. La fête commence par la réception des délégations étudiantes invitées à la gare du Nord (située alors place Rogier) suivie d'un cortège. Ceci constitue un élément typique des grandes fêtes estudiantines du XIXe siècle qu'on retrouvera notamment lors des fêtes estudiantines du cinquantenaire de l'ULB en 1884 ou lors des fêtes d'inauguration des Instituts du Parc Léopold donnée par l'Association des étudiants en Médecine en 1895. Le cortège se termina cette fois-ci au local toujours située rue Saint Jean. Après la réception officielle qui s'y tient, on donna un concert puis une "redoute" c'est-à-dire une fête dansante.
"M. Féron, le nouveau député de Bruxelles" est Émile Féron, député libéral progressiste qui défendait notamment le suffrage universel. 

Enfin, on prévu de se rendre le dernier jour à "l'Exposition de la plaine des manœuvres", c'est-à-dire l'Exposition national sur l'industrie et les arts organisée pour célébrer le cinquantenaire. Mais, attention, la "plaine de manœuvres" dont il est question est donc bien le site de l'actuel parc du Cinquantenaire. Le terrain d'exercice militaire y était situé jusqu'alors et déménagea à cette occasion en face des casernes d'Ixelles sur le site de l'actuel campus de La Plaine.

Extrait de La Meuse, 10 juin 1880, Ed.1 p.2. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique

La présidence du Congrès, auquel assistèrent plus de 300 membres ainsi que des représentants étudiants de Nancy et Gand, le député Paul Janson et des professeurs, échut finalement à un certain Eugène Robert (que nous n'avons pas pu identifier) à la place de Féron. On prévoyait d'y traiter notamment de l'admission des femmes à l'université, ce qui fut d'ailleurs le cas à la rentrée 1880. Cependant, ce sujet passa apparemment à la trappe. On débattit, par contre, très largement de « l'institution d'une faculté de sociologie ou de sciences politiques et sociales » (ce qui ne se fera qu'en 1902 et 1899 respectivement). La discussion dura tellement qu'on reporta au lendemain après-midi les autres points. (L'Indépendance Belge, 21 juin 1880, Ed. 1 p.1) En voici le compte-rendu :


Extrait de L'Indépendance Belge, 22 juin 1880, Ed.1 p.1. 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

Nous avons encore quelques autres traces pour 1880. Le 4 juillet, elle fut représentée lors d'une manifestation des socialistes réclamant le suffrage universel. (L’Écho du Parlement, 06 juillet 1881, Ed.2 p.2) Enfin, elle organisa encore un bal caritatif lors du réveillon de Noël. L'annonce précisait qu'il serait éclairé à la lumière électrique ! Pour rappel, Thomas Edison venait de breveter son ampoule à incandescence l'année précédente. (L’Écho du Parlement, 23 décembre 1880, Ed.2 p.3) 

Les informations sur la Société Générale dans les années 1880 se font plus éparses. On la retrouve avec son drapeau lors de funérailles d'un étudiant (L’Écho du Parlement, 16 février 1881, Ed.2 p.2), d'Auguste Orts, professeur et échevin de Bruxelles (L'Indépendance Belge, 7 novembre 1880, Ed.1 p.1) et du Pr Fétis (L’Écho du Parlement, 29 janvier 1885, Ed.2 p.2). 

Elle ne fait plus parler d'elle jusque en février 1888. Cette année-là, fut donnée la revue Eendracht Maakt macht dont George Garnir dit qu'elle fut "l'Alma Genetrix de toutes les autres revues universitaires". Le Soir précisa dans son compte-rendu que cette revue fut montée par "Un des nombreux clubs universitaires fondés sur les ruines de la société générale". Ce club dont il est question est le cercle Les Nébuleux mentionné dans le titre.



Extrait du journal Le Soir, 03 février 1888, Ed.1 p.1.
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique. 
Les "célébrités médicales, Croq-en-Jambe et L'Homme de Lard" sont probablement les professeurs d'anatomie Jean-Joseph Crocq et Guillaume Rommelaere.

Il semble donc bel et bien que la Société Générale avait alors disparu à un moment indéterminé entre 1885 et 1888. Mais, elle se refonda et donna 3 jours de fêtes universitaires aux étudiants belges et étrangers (Le Soir, 11 février 1888, Ed.1 p.3). Une deuxième représentation de "Eendracht..." eut lieu à cette occasion, cette fois-ci au théâtre l'Eden. La première avait été fort applaudie et la deuxième bénéficia de plusieurs compte-rendus (Le Soir, 22 février 1888, Ed.1 p.3 et L'Indépendance Belge, 23 février 1888, Ed.1 p.1). Lorsqu'on se souvient du crédo libéral des débuts de la Société Générale, il est piquant de constater que même le journal socialiste Le Peuple émit une critique enjouée :

Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

A l'issu des fêtes, elle fut officiellement refondée lors d'une cérémonie à l'hôtel de ville de Bruxelles ! A la présidence, nous retrouvons un certain "M. Garnir" qui ne peut être que le fameux George Garnir. 

Extrait du journal Le Soir, 22 février 1888, Ed.1 p.1 
Tous droits réservés. Belgicapress. Bibliothèque royale de Belgique.

Une 3ème et dernière représentation de "Eendracht..." fut annoncée dans plusieurs journaux en mars 1888 (L'Indépendance Belge, 4 mars 1888, Ed.1 p.2 et Le Soir, 3 mars 1888, Ed.1 p.3 ainsi que 4 mars 1888, Ed.1 p.2) . A contrario, nous n'avons pas trouvé de mention d'une quatrième représentation malgré ce que rapportait Garnir dans ses "Souvenirs d'un revuiste". 
Las, le renouveau fut de courte durée ! La tendance apparue dans les années 1880 à la multiplication de cercles et l'apparition des premiers cercles facultaires se poursuivit. En 1891, la Société Générale disparait dans l'indifférence, supplantée par la Fédération des Cercles fondée en 1890 à laquelle succèdera bientôt l'Association Générale. Seul ce petit entrefilet témoigne de la fin de la première société qui regroupait l'ensemble des étudiants de l'ULB.

Extrait du Journal des Étudiants, n°24, 16 avril 1891.
Document provenant des Archives et Bibliothèque de l'ULB.
* Journaux conservés dans la collection du Musée International de la Presse se trouvant au Mundaneum à Mons.

jeudi 13 juillet 2017

Cortège et nuit de la Saint-Verhaegen 1924

Bruxelles Universitaire du 13 décembre 1924 relate avec ironie la pose de la première des nouveaux bâtiments au Solbosch, retranscrit les discours officiels du Recteur et du président de l'Association générale des étudiants, qui redoute que le déménagement de la rue des Sols au Solbosch n'entraine la disparition de certaines traditions estudiantines.

Lors de la séance académique, le président de l'AG, Motz déclare notamment : "C'est ici, à l'époque où toutes les facultés y étaient réunies que s'est formée la camaraderie, la solidarité entre étudiants, c'est ici que fut fondée l'association générale et tous les cercles facultaires, et ce grand auditoire de l'Université représente aussi quarante ans de vie estudiantine. Aussi, pourrons-nous dire de notre Alma Mater que partir, c'est mourir un peu. Mais chacun d'entre nous sera appelé à faire connaissance avec le Solbosch. Il est vrai que pour certains étudiants, la nouvelle Université peut paraître fort éloignée, inaccessible même. D'autre part, ces plaines lointaines du Solbosch sont d'un aspect plutôt désertique et, de l'avis de tous les étudiants, l'absence de cafés, restaurants et buvettes s'y fait sentir d'une manière particulièrement pénible. Nous aurons au Solbosch des locaux vastes et clairs, des installations parfaites. Mais dans la ville universitaire de demain, il faudra créer la vie estudiantine, il faudra l'adapter à des conditions nouvelles. Aussi l'association générale fonde sur les jeunes étudiants de grandes espérances. Au Solbosch, les étudiants n'oublieronts-ils pas leurs nobles traditions ? Je ne discuterai pas plus longtemps cette question particulièrement délicate pour l'honneur et la susceptibilité des bleus, mais j'espère et j'aime à croire que les étudiants de demain ne seront pas pour les aînés un sujet d'étonnement !"

Ce n'est donc sans doute pas sans raison que le cortège de 1924 avait pour thème l'étudiant à travers les âges. Nos Anciens avaient conscience qu'une page importante de l'histoire de l'ULB et de ces Cercles se tournait. C'est d'ailleurs la première fois qu'un thème de Saint-Vé est mentionné en filigrane par le Bruxelles Universitaire.


Il est également possible que ce soit à cette Saint-Verhaegen de 1924 que les chars ont fait leur apparition. Du moins, la plus ancienne photographie de char connue, date de cette édition-là. Il s'agit d'un corbillard. Mais nous n'en trouvons pas la trace dans cette "Relation authentique de la Saint-Verhaegen de l'an de grâce 1924", pour reprendre le titre du B.U. Pas plus que dans les chroniques des Saint-Verhaegen suivantes.

Enfin, c'est lors de cette même Saint-Vé que les Cercles étudiants reprennent leur hommage à Francisco Ferrer, place du Samedi, avec l'accord des autorités de la Ville. Il ne nous semble pas impossible qu'il y ait un lien entre le déménagement de l'Université du libre examen sur le lointain plateau du Solbosch et la relance - pour ne pas dire le maintient - d'une cérémonie libre penseuse et anticléricale au cœur de Bruxelles.

Les festivités de cette "Saint-Verhaegen charnière" s'achevèrent comme chaque année, par un Bal entre Poils évoqué avec humour ainsi qu'une nuit d'ivresse éclairée d'un punch flambé avec un final au Bois de la Cambre, pour une soupe à l'oignon chez Moeder Lambic.




mardi 11 juillet 2017

La Saint-Vé 1930 : des chars et un premier Grand Cordon pour Manneken Pis

On ne désespère pas de retrouver des photos de la Saint-Verhaegen 1930. Décrite avec une plume enjouée dans le Bruxelles Universitaire de décembre 1930, l'ambiance des festivités semble y avoir été excellente : on distilla (comprenez "on emprunta") des ampoules dans les trams après y avoir chanté quelques titres du répertoire estudiantin et on distilla des Anciens (lisez "on se fit offrir à boire").

Mais ce sont surtout les cérémonies et le Cortège qui retiennent notre attention : Manneken Pis, le plus vieux Poil, y fut en effet décoré du Grand Cordon des Chevaliers de l'Ordre Mercurique (voir ci-dessous), le char de Médecine mettait en scène la constipation à travers les âges, tandis que celui de Solvay présentait les rois fainéants et celui de Polytech un Diogène dans son tonneau. Le tout précédé de cavaliers et d'une fanfare.







Grand Cordon

Le Grand Cordon, symbole des "Chevaliers de l'Ordre Mercurique", tel qu'il fut remis en 1930, est composé d'un ruban blanc porté en sautoir, croisé sur le torse. Un ruban orange est cousu par-dessus. Enfin, sur la partie inférieure du sautoir, trois étoiles à six branches - placées en triangle sur pointe - encadrent le blason (émaillé) qu'on retrouve sur les pennes du Cercle Solvay.

Cette décoration est, à notre connaissance, le premier "vlek" à avoir été décerné officiellement par un cercle estudiantin de l'ULB.
Ce document provient du Service Archives,
Patrimoine et Collections spéciales de l'ULB.

50 avenue Franklin Roosevelt

1050 Bruxelles

Photo transmise par le Camarade Pierre Jossart.



Et le voici ensuite tel qu'il est encore conservé aujourd'hui au Musée du Costume de Manneken Pis, la Garde-Robe, rue du Chêne.
 
 
Photographie de la Garde-Robe de Manneken Pis.
Si quelqu'un a plus d'information sur cette décoration, qu'il n'hésite pas à se manifester...